mardi 20 novembre 2007

Le compte n’est pas bon…

375 000 selon la police. 700 000 selon la CGT. Encore une fois, renseignements généraux et syndicats n’ont pas assisté aux mêmes manifestations.
Dans quelles villes sait-on le mieux compter ?

Comme d’habitude, la palme du plus mauvais décompte (ou de la plus mauvaise foi) revient à… Marseille. La CGT a compté 60 000 manifestants. La police, cinq fois moins. Cherchez l’erreur. 60 000 personnes, c’est le nombre de supporters que peut accueillir le Vélodrome.
A Paris aussi, les organisateurs ont vu passer plus de 70 000 personnes. La police, moitié moins. Même constat à Lille, Grenoble, Toulouse, Montbéliard, Valence, Reims, Arras, Rodez, Tulle, Metz, Tours,…

Certes, il n’est pas toujours facile de bien compter quand les cortèges sont denses. En revanche, ça ne devrait pas poser de problèmes quand les défilés sont réduits. Et pourtant, à Limoges, la CGT annonce 12 000 manifestants. Les renseignements généraux parient, eux, sur moins de 5 000. Là, y a comme un souci, non ? Idem à Arles : 1 500 selon les syndicats quand la police comptabilise moins de 600 manifestants. On peut se tromper quand le cortège réunit des milliers de personnes, mais là…

Nice et Roanne parmi les bons élèves
Dans certaines villes, il arrive que RG et organisations syndicales tombent d’accord. Bravo à Nice et Roanne (5 000). D’autres communes y sont presque : Vannes, Brest, Quimper (saurait-on mieux compter en Bretagne ?), Cherbourg, Blois, Niort, Châteauroux, Bayonne, Angoulême, Besançon.
Un encouragement tout particulier à Lyon où le cortège était plus conséquent que dans les villes moyennes précédemment citées et où les chiffres sont assez concordants : 15 000 selon les syndicats, 12 000 selon la police.
Allez, promis, au prochain coup, on comptera mieux…

Mobilisation tous azimuts

Il y avait du monde dans les rues en ce mardi 20 novembre. En tout, plus d’un demi million de personnes ont battu le pavé dans 148 villes de France, avec des mots d’ordre assez distincts.
Etat des lieux et petit tour d’horizon des revendications.

Les fonctionnaires
Ils formaient le gros des troupes. Parmi eux, beaucoup de profs qui protestaient, entre autre, contre la suppression de 11 900 postes dans l’Education nationale dès la rentrée prochaine. Dans les écoles justement, le mouvement a été bien suivi. Selon le ministère, près de 40% des personnels étaient en grève, toutes catégories confondues. Le taux de grévistes atteignait même les 65% chez les instituteurs selon les syndicats.
Mais, dans les cortèges, les enseignants n’étaient pas les seuls à donner de la voix. Les personnels des impôts ont largement pris part à ce mouvement de grogne qui portait sur la question du pouvoir d’achat et des emplois. A France Telecom, la grève a été suivie à 20% par les salariés tandis que les Postiers ne se sont guère faits entendre (15% de grévistes). La privatisation de l’entreprise en 2009 ne les inquiète visiblement pas.
Au total, près d’un tiers des fonctionnaires ont fait grève, selon le ministère de la Fonction publique, 45% selon les syndicats. Mobilisation « moyenne » pour le gouvernement, « forte » pour les organisations syndicales. En réalité, il faut remonter au mouvement social de 2003 contre la loi Fillon pour retrouver de tels chiffres. Et là, contrairement au mouvement des cheminots, celui des fonctionnaires est relativement soutenu par l’opinion : 53% des Français éprouvent de la « sympathie » pour les revendications des agents de l’Etat.
La balle est maintenant dans le camp de Eric Woerth, le ministre de la Fonction publique. «C’est vrai que les fonctionnaires ne gagnent pas très bien leur vie», a-t-il reconnu au micro de France Inter. Youpi, il fallait réagir et le ministre l’a fait. Sauf qu’il s’est empressé de rectifier le tir en justifiant la réforme (c’est-à-dire les suppressions d’emplois) : « il faut prendre plus de responsabilités, il faut faire des heures supplémentaires, il faut aussi accepter qu’il y ait moins de fonctionnaires». Mais bien sûr Eric… Parce que toi, des responsabilités t’en prends peut-être beaucoup dans ce gouvernement ?

Les bénéficiaires des régimes spéciaux
Dans le brouillard et l’odeur étouffante des fumigènes, les gaziers, électriciens et cheminots sont venus grossir les cortèges au rythme des sifflets et pétards. Engagés dans un conflit qui commence à durer avec le gouvernement sur la réforme des régimes spéciaux, ils se sont, une nouvelle fois, bien mobilisés. Chez EDF, 14% des salariés ont cessé le travail, 13,4% chez GDF et 27% à la SNCF (selon les directions des entreprises). Des négociations doivent s’ouvrir ce 21 novembre pour une éventuelle sortie de crise.

Les étudiants et lycéens
Les jeunes n’ont pas été en reste dans cette journée test pour Nicolas Sarkozy. Mais leur mobilisation a été plutôt décevante. Certes, de nombreuses facs étaient perturbées et les lycéens ont commencé à bloquer leurs établissements. Mais dans les défilés, il n’y avait pas foule.
Les étudiants ne se sentent-ils pas concernés ? Peut-être n’ont-ils pas lu le texte, cette fameuse loi LRU qui veut rendre les universités plus autonomes (au passage, c’était une revendication de mai 68). Malheureusement, il n’y a pas grand monde pour les défendre cette fois-ci, contrairement à la mobilisation contre le CPE. La gauche est exsangue et ses leaders se sont prononcés pour la réforme (Ségolène Royal et Jack Lang).
La loi Pécresse n’est ni bonne ni mauvaise. Elle est surtout hors de propos car elle ne répondra pas aux attentes et inquiétudes des étudiants. On ne réglera pas les problèmes de l’université française avec un texte aussi minimaliste et peu inspirant.
Quant aux organisations étudiantes, elles ont beau jeu de rejeter le texte aujourd'hui alors qu’elles l'ont pourtant bien validé cet été avec la ministre. Officiellement, il n’y a aucune manipulation politique, bien sûr. Ca me rassure…

Le Totomètre Septembre - Octobre 2007

TOTOTOP
Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP), secrétaire d’Etat à l’Ecologie, pour son implication et sa maîtrise des dossiers lors du Grenelle de l’Environnement. Je ne la connaissais pas bien et je dois dire que j’ai été totalement séduit par ses compétences et son approche non partisane d’un sujet aussi épineux que l’écologie. A 34 ans, cette native du XV° arrondissement de Paris est une valeur sûre pour l’UMP. Militante et entièrement engagée au service d’un développement plus durable, elle a su faire taire les critiques de l’opposition et des associations. Chapeau ! Reste à concrétiser les mesures prises pendant le Grenelle.

TOTOFLOP
Thierry Mariani, député UMP du Vaucluse, pour avoir donné une bien triste image de notre pays à l’étranger. Les amendements qu’il a présentés au projet de loi sur l’immigration sont indignes de la France et contraires à l’esprit de notre modèle républicain. Interdiction d'hébergement d'urgence aux personnes en situation irrégulière, recours au tests ADN (regroupement familial), autorisation de statistiques ethniques : c’est ça la politique sociale de l’UMP ?

mercredi 7 novembre 2007

Pauvres vieux...

Les habitants du Nord de la France sont les plus touchés par la pauvreté. C’est ce qui ressort d’une étude de l’INSEE rendue publique tout récemment.

La région est particulièrement frappée par le chômage qui y est deux points supérieurs à la moyenne nationale.

Dans le Nord, la pauvreté, concentrée dans les zones urbaines, frappe notamment les familles nombreuses. Mais pas seulement. De plus en plus de personnes âgées ont recours aux centres d’aide à domicile comme les Petits frères des pauvres, à Lille, où des centaines de bénévoles donnent chaque jour un peu de leur temps aux plus démunis. Tiny Toon's les a rencontrés.

dimanche 4 novembre 2007

La France s'ouvre... Ouvrez-vous avec elle

"La France bouge". Ce pourrait être le slogan de Nicolas Sarkozy. Lui bouge, ça c'est sûr. Le pays, en revanche, un peu moins.
Parmi les ministères très en pointe en matière de pragmatisme ces derniers mois, le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale. Pas étonnant: réguler (enrayer?) l'immigration, c'est justement l'une des priorités du nouveau chef de l'Etat. Et les initiatives ad hoc ne manquent pas. Jugez plutôt...
Petite visite au ministère de l'Immigration...
Pour vérifier que la France s'ouvre aux autres...

jeudi 13 septembre 2007

Des régimes vraiment très spéciaux

« Il va y avoir du sport ». L’avertissement est cinglant. Il émane du secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault. En cause, la réforme des régimes spéciaux de retraite. Des régimes particulièrement explosifs pour le gouvernement.

Nicolas Sarkozy veut mener cette réforme au nom de l'équité, en alignant ces régimes (SNCF, RATP, industries électriques et gazières, marins, mineurs, clercs de notaire, parlementaires...) sur celui de la Fonction publique. Au total, 1,6 million de bénéficiaires (dont 500 000 actifs) sont concernés. En 2003, la loi Fillon avait déjà contraint les fonctionnaires à s’aligner sur le régime général (salariés du privé) en passant à 40 ans de cotisation.
Dimanche dernier, le Premier ministre est revenu à la charge et provoqué un véritable tollé dans le monde syndical en affirmant que la réforme des régimes spéciaux était « prête » et n’attendait que « le signal » du chef de l’Etat, laissant ainsi entendre que le texte était ficelé. Une provocation pour les syndicats alors même que le climat social est déjà très tendu à la SNCF et chez EDF et GDF.

"Risque de conflit majeur"
Du côté de l’opposition, le sujet embarrasse. Manuel Valls, député-maire PS d’Evry (Essonne), applaudit là où Benoît Hamon, porte-parole du parti, se montre moins loquace et semble attendre que le gouvernement s’embourbe dans une situation délicate.
Il faut dire que le sujet est ultra-sensible. En 1995, il avait balayé d’un revers de main le gouvernement d’Alain Juppé.
Douze ans plus tard, François Chérèque, le patron de la CFDT, prévient : si le gouvernement passe en force (décret), il y aura un « risque de conflit majeur ». Un premier test grandeur nature en somme pour l’hyper-président Sarkozy.

dimanche 9 septembre 2007

Le Totomètre Août 2007

TOTOTOP
Dominique Strauss-Kahn (PS), pour avoir multiplié, ces dernières semaines, les rencontres avec les dirigeants des pays émergents. L’ancien ministre des Finances français brigue la direction générale du Fonds monétaire international (FMI), une institution chargée de fournir des crédits aux pays en difficultés financières et de stabiliser le système international. DSK devrait succéder à l'Espagnol Rodrigo Rato qui quittera ses fonctions fin octobre, avant le terme de son mandat - prévu en 2009 -, pour des raisons personnelles.
A 58 ans, le député du Val d'Oise part largement favori pour prendre les rênes de l'organisation. Il est opposé à l'ancien gouverneur de la Banque centrale tchèque Josef Tosovsky, soutenu par la Russie.

TOTOFLOP
Georges Mothron (UMP), maire d’Argenteuil, pour avoir acheté du Malodore, un spray répulsif pour éloigner les clochards du centre-ville. Même si le premier magistrat de la commune vient de faire marche arrière en annulant son arrêté anti-mendicité, il n’a pas émis le moindre regret sur le principe d’utiliser le produit.
Le Figaro du 31 août rappelle qu’en 2005, « la préfecture avait [déjà] fait annuler son arrêté annuel anti-mendicité qui évoquait notamment la "gêne olfactive" induite par les mendiants ».